La dette, ce boulet

Publié le par Avenir en Questions

Le monde croule sous la dette

 

Nous avons vu dans l’article précédent que plus de croissance n’était pas synonyme de prospérité et dans un autre plus ancien qu’elle n’était pas possible sans pétrole bon marché car nous sommes entrés dans une nouvelle ère, celle de l’énergie chère. La solution pourrait être simplement de décroître. Non, décroitre ne signifie pas retourner au temps de "l'homme préhistorique" ni au "moyen âge" comme on l'entend si facilement (c'est si facile de caricaturer, ça permet de ne pas avoir à se remettre en question... Ah l'égo !).  Décroître, c'est prendre le temps de vivre, c'est arrêter de courir, c'est ne pas vouloir être le meilleur, c'est aider son voisin et rendre visite à ses amis. Décroître, c'est avoir besoin de moins, avoir du temps pour soi et d'être heureux comme ça. On pourrait appeler ça la décroissance heureuse par opposition à la succession de crises économiques qui nous guette et qui n’aura rien d’une partie de plaisir.

Sauf que ça ne va pas être si simple, notre cher Progrès a été acheté à crédit et il nous faut maintenant payer notre dette. Nous avons perdu toute marge de manœuvre.

 

 

Petit retour en arrière


Les états ont commencé à avoir recourt à la dette à partir de la fin des années 70 et des deux chocs pétroliers. Le ralentissement économique dû à une augmentation du coût de l’énergie (tiens, tiens, ça me dit quelque chose) avait conduit à une augmentation du chômage. Pour sortir de ce marasme, les gouvernements de l’époque ont été contraints de recourir à un outil bien connu pour « relancer l’économie » : la dette.
Face à une crise, la technique classique des gouvernements, c’est de faire des grands investissements pour relancer l’économie. De cette manière, le cercle vicieux de la crise s’arrête en soutenant une activité. Ces grands investissements sont principalement financés par la dette (voir le Grand Emprunt de Nicolas Sarkozy, New Deal).
En plus du budget de cette année qui a déjà été dépensé, ils vont utiliser de façon importante« celui des années suivantes » en réalisant des emprunts d’états (des obligations) contractés par des intérêts privés (banques, particuliers, entreprises). Ainsi, les gouvernements ont commencé à vivre très aux dessus de leurs moyens en laissant la facture aux suivants.
Les conseillers avaient pourtant bien calculés leur coup, comme la croissance moyenne des années précédant la crise était très élevée, il n’y avait pas grand risque, dès le retour à la normale, la dette aurait dû s’effacer rapidement. Sauf que la croissance n’a jamais retrouvé les sommets des trente glorieuses et que budget après budget, les gouvernements ont laissé filer la dette. C’est devenu une habitude, quelque chose de tout à fait normal, de clôturer un budget en déficit. Et c'est tellement pratique même si légèrement plus démagogique que d'augmenter les impôts. Mais c’est pas grave ! Grâce à la croissance j’aurai demain plus que je n’ai aujourd’hui.

Sauf que voilà, la croissance n’est pas infinie sur une planète aux contours finis (comme je ne cesse de le répéter).
Aujourd’hui, la situation est très problématique car tous les « vieux états » (Europe, Japon, Etats-Unis) ont une dette très importante. Celle ci pourra diminuer par des restrictions budgétaires (qui touchent directement les citoyens les plus fragiles comme en Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, France, Autriche), mais elle ne se fera pas sans un retour de la croissance. Et ce retour à la croissance sur le long terme est tout à fait impossible.

 

La lucarne qui reste ouverte aujourd’hui pour traverser sans trop de problème cette nouvelle ère est bien étroite, j’en suis conscient. Néanmoins, les solutions existent. Il faut changer de paradigme. Arrêter le « toujours plus ». Créer de la résilience autour de vous. Faire tomber les masques de l’ego. Affronter ses peurs. Eteindre la télévision. Changer. Penser par soi-même. Faire son jardin. Aimer. Prendre le temps de prendre le temps. S’entraider. Partager. Se promener dans la nature. Prendre conscience que la vie est belle. Préparer un repas et le partager. Commencer à agir, maintenant.

Publié dans Aujourd'hui

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Albane 13/05/2012 16:46


Bonjour,


Il me semble que vous oubliez un élément fondamental dans votre explication de la dette, qui est la suivante : depuis 1973, l'Etat a confié aux banques privées le soin de battre monnaie à la
place de la banque de France, avec prise d'intérêts ; de plus, nous avons affaire désormais à une monnaie dite "scripturale" c'est à dire virtuelle, mise en oeuvre par ces fameuses banques, et
qui permet de spéculer... sur la dette !!!


Si nous revenions à ce qui existait avant 1973, c''est la banque de france qui prêterait de l'argent (gratuit) à l'Etat, et nous n'aurions ainsi plus de difficultés concernant notre défunt triple
A, puisque les agences de notations n'uraient plus lieu d'être, et nous n'aurions plus à serrer la ceinture pour éviter une hausse de notre taux d'int"rêt, puisqu'il serait nul, idem pour la
grèce, et surtout nous n'aurions bientôt plus de dette puisque la majeure partie de celle-ci correspond au montant des intérêts.......

Avenir en Questions 13/05/2012 23:31



Cependant, vous oubliez que pour se faire (que l'état batte la monnaie), il faudrait sortir de la zone euro, revenir au franc puis le dévaluer et pour finalement courir après une inflation
galopante (dû à l'augmentation des prix de l'énergie également) qui alimente les troubles sociaux.


Le but de cet article est de sensibliliser ses lecteurs aux difficultés (le mot est faible) économiques à venir et qu'ils doivent réaliser un changement de paradigme (ne pas voir le "toujours
plus" comme étant une manière de devenir libre et heureux).


Cette situation économique à venir est l'occasion d'une prise de conscience que l'on peut vivir mieux et d'une manière plus humaine sur cette planète !



Blandine 09/05/2012 00:04



Moi 14/02/2012 10:14


Peut-être qu'en plus d'avoir des cycles temporels, la croissance a également des cycles géographiques. Si l'après guerre mondiale 2 est le point de départ du "cycle géographique", alors la
croissance a d'abord touché les pays européens, le Japon (des pays à reconstruire). Ceux-ci se sont développés et l'économie est devenue de services. Pour autant, pour satisfaire les besoins des
citoyens consommateurs, il faut tous ces biens de consommation.


 


Parallèllement, l'économie étant devenue mondiale, les centres de production (générateurs de croissance forte) se sont déplacés : Chine, Inde, Brésil, etc. Dans, le même temps, le bloc soviétique
s'est effondré et là encore il a fallu reconstruire des pays : croissance.


Et ainsi de suite.


 


Seulement, si on place du point de vue européen, un autre mécanisme s'est mis en place : une intégration économique imparfaite à l'échelle européenne. Pas de réelle politique économique
européenne et surtout l'indépendance des banques centrales vis à vis des pays : personne ne navigue dans la même direction. Une solution de gestion moins traumatisante de la dette à l'échelle
européenne pourrait être de mettre en place un réel pays européen (ce qui implique une réelle politique spatiale de développement, une meilleure localisation desa ctivités pour gérer les atouts
et faiblesses d'un territoire, arrêter d'être pris entre la "coopération " et la "concurrence",...)